Les chiffres clés 2015 de la fréquentation de la Côte d’Azur par les croisièristes

Photo © Marc Paris - Mer et Marine

Photo © Marc Paris

Dans un rapport édité pour la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nice Côte d’Azur, l’observatoire SIRIUS-CCI offre une vision complète et actualisée des données essentielles du département des Alpes-Maritimes pour l’année 2015, rassemblant tous les indicateurs économiques et sociaux du département, notamment la population, l’emploi, la formation, la construction, les services, l’immobilier, la création d’entreprises, la fiscalité, le commerce, et bien d’autres données.

Dans les Alpes-Maritimes, la mer un extraordinaire facteur de croissance et créatrice d’emplois, avec une activité Yachting et Plaisance dont le poids très important fait de la Côte d’Azur un haut lieu de la plaisance internationale.

Naturellement, ces activités maritimes ne connaîtraient une telle croissance sans infrastructure capable d’accueillir touristes, plaisanciers et croisiéristes. À ce titre, force est de constater que l’exploitation des quatre ports de commerce départementaux (Cannes, Golfe-Juan, Nice et Villefranche) par la CCI Nice Côte d’Azur génère en moyenne 800 millions d’euros de chiffre d’affaire par an selon l’Observatoire Portuaire de la CCI, dont 320 millions d’euros généré spécifiquement par le Yachting, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’activité économique de tout le département des Alpes-Maritimes jusqu’au Var.
En effet, l’escale d’un paquebot à Cannes peut permettre des retomber économiques à Saint-Tropez, et vice et versa.

Les ports de la CCI des Alpes-Maritimes sont en lien avec différentes activités économiques et touristiques. Des professionnels du département ont ainsi tout ou partie de leur activité générée grâce à la présence de ces ports. Ils sont en grande partie composés d’entreprises (services, commerçants, restauration, hôtellerie, etc), mais également d’associations (Yacht Clubs, clubs nautiques, clubs de plongée, etc).

Enfin, la stratégie intelligente de la CCI NCA a été de se pencher précisément sur l’aspect multimodale des déplacements des touristes, des passagers, et des plaisanciers.
Les lieux touristiques sont bien desservis grâce à la proximité des gares ferroviaires, des aéroports et des lignes de bus qui permettent de relier facilement les différents points stratégiques.

Il est d’ailleurs évident que certains des passagers inclus dans les chiffres relatifs à la fréquentation du département par les croisiéristes en 2014-2015 sont les mêmes que ceux inclus dans les chiffres des usagers des aéroports (lorsque ceux-ci embarquent pour une croisière depuis un port tête de ligne), ce qui prouve d’une autre manière que le multimodale fonctionne, et fonctionne même plutôt bien.

En effet, que nous apprennent ces chiffres de l’observatoire SIRIUS-CCI ?

Le port de Nice a connu en 2014-2015 une fréquentation de 757 533 passagers, arrivées et départs confondus, dont 715 921 passagers des ferries pour se rendre ou revenir de Corse, et 41 612 croisiéristes. L’étude en question ne précise pas le nombre de passagers tête de ligne (qui débute et termine sa croisière à Nice) et le nombre de passagers en escale de transit.

D’un point de vue purement cargaison, 140 392 tonnes de marchandises sont passées par le port de Nice. Il n’est pas un grand port maritime comme Marseille ou Le Havre, il n’a pas les mêmes capacités d’accueil, ni besoin des mêmes infrastructures, mais une telle quantité de fret mérite tout de même d’être soulignée.

6232899-9312754

Ce port est à la fois un port tête de ligne grâce à sa proximité de l’aéroport de Nice (géré également par la CCI NCA), la qualité des infrastructures hôtelières de la région, la qualité de l’accueil portuaire (quais, manutention, pilotage), la qualité des approvisionnements (denrées, eau, combustibles), ou encore la diversité de l’offre touristique, et à la fois un port d’escale en transit par son intérêt touristique, la qualité des offres en matière d’excursions, ou encore la distance avec l’escale qui précède et celle qui suit (pour respecter le principe de l’escale de jour et de la navigation de nuit).

Les passagers en escale au port de Nice sont français, sont originaires de Grande-Bretagne, d’Allemagne, ou encore des USA.

Le Port de Villefranche ne disposant pas de la même morphologie ni de la même capacité d’accueil que le port de Nice s’est vu fréquenté par 296 077 passagers. Le port de Villefranche est l’exemple parfait d’un port d’escale en transit, comme le confirment les chiffres de l’observatoire SIRIUS-CCI : 295 522 passagers en transit, contre seulement 555 passagers tête de ligne (port de départ et port d’arrivée sont les mêmes ou port de départ et port d’arrivée différents).

Situé à quelques kilomètres de Nice, le port de Villefranche est équipé d’un débarcadère et d’une gare maritime lui permettant d’accueillir les passagers des navires de croisière lorsqu’ils sont en escale dans l’immense rade de Villefranche qui permet l’accueil de navires de croisière de grande taille, d’où son intérêt stratégique à être un port d’escale.

Les croisiéristes en escale à Villefranche viennent majorité d’Espagne et de Grande-Bretagne, et restent à terre entre 4 et 7 heures, le temps de visiter la ville et les environs. Ils sont en effet nombreux à effectuer des excursions, notamment à Monaco.
Selon l’observatoire SIRIUS-CCI, la dépense moyenne des croisiéristes lors de cette escale de transit est de 34€ par passager, et concerne principalement les produits régionaux, locaux, et la restauration.

Par conséquent, un bref calcul nous permettra d’estimer l’impact des croisiéristes sur cette escale à environ 10 066 618€ pour la période 2014-2015.

2 pqbt vfr

Notons que les passagers tête de ligne, quel que soit le port, sont peu nombreux à effectuer des excursions sur place ou à dépenser comme le ferait un croisiériste en escale, précisément parce-ce qu’ils réservent ces dépenses à leurs escales au cours de la croisière.

Le port de Cannes, malgré la notoriété de la ville, s’est vu fréquenté par moins de passagers sur la période 2014-2015 avec un total de 256 787 croisiéristes. Selon l’observatoire SIRIUS-CCI, le port de Cannes opère également les escales de croisière pour la ville d’Antibes.
Tout comme le port de Villefranche, il ne dispose pas d’infrastructure suffisante pour accueillir en son sein la majorité des navires de croisière, et pourtant, parmi les 256 787 croisiéristes, 253 766 furent des passagers tête de ligne, et seulement 3 021 ont été des passagers en transit. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir constaté de nombreuses fois plusieurs navires de croisière mouiller ensemble au large du port sur la même période de fréquentation.

2 paquebots

Le navire de croisière Ventura rejoint par Europa, photo @BonjourPaquebot Twitter

2 pqbt

2 paquebots dont Le Ponant, photo @BonjourPaquebot Twitter

Cependant, il est le port qui génère le plus de retombées économiques en terme d’impact indirect (correspondant aux dépenses des différentes catégories de clients du port notamment les plaisanciers et les passagers croisiéristes) avec en moyenne 52M€ sur l’année 2013 contre 44M€ pour le port de Nice.

Les croisiéristes, qu’ils soient passagers en escale de transit ou passagers tête de ligne, profitent largement de Cannes et des escapades proposées par les tours operators. Ils consomment volontiers les produits locaux, profitent des restaurants et visitent les lieux touristiques tels que la Croisette ou le Suquet, et effectuent quelques emplettes sur la rue d’Antibes.

En France, la Côte d’Azur, considérée comme destination unique, se place au second rang derrière Marseille en forte progression.
Les compagnies les plus représentées sur ces ports sur Royal Caribbean, NCL, Iberocruceros, Pullmantur, TUI UK, MSC, Club Med, Oceania, Phoenix Reisen, Silversea, Windstar, Norwegian et Holland America Line.
On compte majoritairement des espagnols, des britanniques, des nord américains, des italiens, des allemands, des français.

Le passage de croisière reste très saisonnier, bien que la saison s’étend sur 6 mois, du mois de Mai, durant lequel se déroule le Festival de Cannes et qui annonce l’ouverture de la saison touristique, jusqu’au mois d’Octobre qui connaît généralement une météo toujours bonne et propice aux activités touristiques.

Les ports de la Côte d’Azur sont donc des destinations multi-facettes pour les compagnies de croisières.

Le port azuréen le plus propice à être tête de ligne est le port de Nice, capable de faire accoster des navires et de réaliser les opérations d’embarquement et de débarquement en toute facilité en plein coeur de la ville et à proximité de l’aéroport international.

Pour autant, les navires qui mouillent en rade sont tout de même capable d’embarquer des croisiéristes tête de ligne.

Par conséquent, à quel moment un port génèrera plus de retombées économiques entre le fait d’accueillir des passagers en escale de transit, et le fait d’être tête de ligne ?
La question reste en suspend.

Lire l’étude des chiffres clés des Alpes-Maritimes en 2015 par l’observatoire SIRIUS-CCI :

Chiffres clés 2015 CCI

Cet article, publié dans Marine Marchande, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s