Assises de la mer 2013 : Les paroles qui ont fait applaudir l’assemblée

607261_0203016226275_web_tete Durant la 9ème édition des Assises de l’Économie de la Mer à Montpellier et à Sète le 3 et 4 décembre 2013, les grands acteurs et décideurs du monde maritime avaient la parole pour exposer leurs activités, politiques et visions d’avenir.

Parmi ces grands acteurs, Patrick Boissier, PDG de DCNS (entreprise française intervenant dans l’armement naval et l’énergie et principal fournisseur de la Marine Nationale) ne s’est pas privé d’exprimer son analyse sur la politique maritime globale du gouvernement, qui lui a valu de longs applaudissements de la part de l’assemblée.

Interrogé sur le décalage entre les enjeux maritimes français et la politique menée, voici sa réponse :

« Malgré nos efforts, malgré le retentissement d’un événement tel que les Assises, malgré la diffusion de notre document à tous les décideurs politiques, bien que le Premier ministre ait repris dans son discours une grande partie de notre conviction commune, force est de constater que la France n’est pas encore en train de se tourner vers la mer.

Plusieurs exemples : dans le spatial, le budget du CNES est plus de 6 fois le budget de l’Ifremer, et pourtant, le chiffre d’affaires du maritime est plus de 10 fois celui du spatial.

Quand vous regardez ce qui a été présenté par le Premier ministre sur les Investissements d’avenir à partir du travail de Louis Gallois, il y a un volet santé, un volet économie numérique, urbanisme.
Il n’y a pas de volet maritime.

Troisième exemple : la France dispose de la deuxième zone économique exclusive, mais si on ne va pas la protéger, si on n’y est pas présent, cette surface maritime est un titre de gloire qui ne durera pas.
On va d’abord se la faire piller, puis se la faire contester.
On vient de parler du contrôle des pêches en Guyane. Le chef d’état-major de la Marine ne dispose que de deux malheureux patrouilleurs pour une zone de 200 000 kilomètres carrés. C’est surveiller la France avec deux voitures de police. À Clipperton, on a un navire qui passe tous les deux ans.

On n’a absolument pas, aujourd’hui, les moyens de notre ambition de développement du maritime.
Certes, on a commandé les B2M, mais les Batsimar sont reportés au-delà la loi de programmation militaire.

Donc non, aujourd’hui, la France n’a pas encore pris conscience de ses atouts maritimes et n’a pas fait du maritime un grand dessein pour la France. »

L’ensemble du congrès a fait part de son accord avec les propos Patrick Boissier par de longs applaudissements, ce qui révèle une vraie frustration au sein du monde maritime français à attendre un gouvernement totalement et pleinement inconscient de son potentiel maritime.

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