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Ukraine : L’impact de la guerre sur le secteur du Yachting

Photo: Tom van Oossanen / SuperYacht Times

Vingt jours après le début de la guerre en Ukraine et un déluge de sanctions financières contre la Russie, les retentissements économiques sont aujourd’hui incontestables à toutes les échelles.

Dans le milieu maritime, des perturbations impactent déjà la navigation, la fréquentation portuaire, les acheminements des biens et matières premières, la bonne organisation des équipages, les paiements des salaires et prestations, etc.

Dans le milieu portuaire méditerranéen, les navires ayant un lien étroit avec des propriétaires russes sont dans la crainte d’être interdits de tout mouvement, voir gelés, voir saisis. Certains ont quitté les eaux européennes, d’autres ne s’y trouvaient pas, et quelques uns ont été « arrêtés » en conformité avec la loi. En effet, aucune action contraignante n’a été envisagée sans base légale.

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En France, en Italie et en Espagne, les ports et les professionnels qui en sont liés craignent une baisse drastique de la fréquentation des yachts pour la raison évidente que la clientèle russe sera probablement absente de l’Union Européennes en 2022, mais au-delà, ce sont les américains qui risquent de manquer à l’appel, considérant que la guerre en Ukraine est aux portes de la Côte d’Azur ou de la Riviera Italienne.

Les russes et les américains risquent donc de laisser du linéaire de quai, des chambres d’hôtels et des tables de restaurants à la clientèle arabe qui organise déjà des escales et réservations, mais qui représente une trop faible part du public pour assurer une saison à plein régime.

Les navires, les chantiers, les ports, les constructeurs

Selon le magazine SuperYacht Times, les russes représenteraient 9% des propriétaires des superyachts en 2021, ce qui fait de la Russie le deuxième pays au monde à avoir le plus de propriétaires après les Etats-Unis.

La Russie représente également 13,2% des propriétaires de « nouveaux superyachts » ou de yachts en construction dans le monde, soit des navires de plus de 40 mètres sur la période 2021-2025. Ce chiffre place le pays au deuxième rang de cette catégorie, après les Etats-Unis et avant la Turquie et le Royaume-Uni.

Avec une telle part de marché, l’impact sur l’industrie du Yachting est forcément conséquent, notamment pour les ports et les chantiers navals qui, au regard de la tendance politique à se détourner des engagements contractuels avec la Russie et ses ressortissants, seraient susceptibles de revenir sur leurs engagements vis-à-vis des propriétaires russes.

Outre le marché de la construction, il est à parier que les chantiers de carénage se retrouveront vite submergés par des chantiers opérations qui n’auront pas été payés, d’autant que les questions des éventuelles saisies en cours alimentent les inquiétudes des professionnels.

Par ailleurs, les pays de l’OTAN, de l’Union Européenne, la Suisse, le Japon, l’Australie et Taïwan ajoutent des sanctions chaque semaine, commecelle d’interdire les banques russes d’utiliser le réseau SWIFT, faisant effondrer la valeur de la monnaie russe.

Suite à ces réactions, les yachts quittent les eaux dans lesquelles ils risquent de se retrouver en difficulté pour rejoindre les Maldives, les pays du Maghreb ou les pays arabes. A l’heure où sont écrites ces lignes, le M/Y QUANTUM BLUE a déjà passé le canal de Suez pour une destination inconnue.

La liste des yachts arrêtés, sanctionnés faisant l’objet d’une enquête en ce sens :

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Si la crise sanitaire a eu un impact relatif sur l’industrie du luxe et du yachting, la guerre en Ukraine aura peut-être raison du secteur en 2022. En effet, pendant que la majorité des secteurs économiques s’asphyxiaient entre 2020 et 2022, les ventes de yachts de 30 mètres et plus ont explosé en 2021 avec une progression de mise sur le marché de 8% entre janvier et septembre, comparé à la même période sur l’année 2019, soit 200 nouveaux navires contre 165.

Avec les congrès et évènements azuréens qui reviennent en force en 2022 (MIPIM, MIPTV, Heavent Meetings, le Marché du Film et le Festival de Cannes, Grand Prix de Monaco, Cannes Lions, puis le Cannes Yachting Festival et le Monaco Yacht Show en fin de saison), l’absence de cette clientèle risque finalement de bouleverser le marché nautique azuréen qui représente environ 800 millions d’euros de chiffre d’affaires (données CCI NCA).

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