La France engage une nouvelle mission européenne de surveillance maritime

Le ministère français des affaires étrangères a annoncé en janvier 2020 avoir créé une nouvelle mission de surveillance maritime dans le Golfe et le détroit d’Ormuz en partenariat avec plusieurs pays de l’Union Européenne suite à l’augmentation de l’insécurité et de l’instabilité croissante en 2019 dans cette région du globe.

Cette mission, baptisée EMASOH (pour European-led Maritime Awareness mission in the Strait Of Hormuz) débutera fin janvier aura pour objet de garantir la liberté de navigation dans le golfe Arabo-Persique tout en protégeant les intérêts économiques européens et internationaux. Elle ne vise aucun État particulier, mais cherche à assurer la stabilité de la région.

En effet, considérant que l’instabilité politique de la région porte atteinte à la sécurité de la navigation, des navires et des équipages, les pays engagés estiment que cette situation risque grandement de compromettre les échanges commerciaux et l’approvisionnement énergétique, ce qui est susceptible d’avoir des conséquences économiques dans le monde entier.

« Les récents événements au Moyen-Orient sont très préoccupants car ils attisent les tensions et accroissent le risque d’un éventuel conflit de grande ampleur, qui aurait des conséquences sur toute la région. Le contexte exige des initiatives de désescalade renforcées pour interrompre la tendance actuelle » annonce le ministère.

Cette surveillance maritime sera exercée au travers de moyens aériens et navals et portera sur les activités aériennes et maritimes, civiles et militaires, au bénéfice de la navigation civile pour rendre les rendre plus sûres et restaurer la confiance et la sécurité dans la région.

Les pays engagés :

Bien que cette mission reste ouverte à la participation de tous les pays désireux de s’investir au profit de la stabilité régionale, EMASOH réunira :

  • La France
  • Le Danemark
  • Les Pays-Bas
  • Allemagne
  • Grèce
  • Italie
  • Portugal

La Belgique a également proposé de fournir des officiers de liaison pour la cellule de coordination installée sur la base française d’Abu Dabi.

Le déploiement de la mission est facilité par la présence militaire française dans la région qui sera placée sous le commandement de ALINDIEN (Amiral commandant de la zone maritime de l’océan Indien).

Le Danemark y a également un grand intérêt, avec la compagnie maritime de transport Maersk.

Déploiement opérationnel :

  • La France

La frégate Courbet de la Marine Nationale, qui assure déjà une mission de présence dans la zone et qui agit en soutien de la Combined Task Force 150, assurera le premier mandat de cette mission multilatérale.

Le Courbet a souvent été le précurseur d’opérations maritimes de grande ampleur. Il a ainsi été l’un des premiers navires en escorte de l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalante.

  • Les Pays-Bas

Les Pays-Bas intégreront également une frégate pour un coût de déploiement estimé entre 10 et 15 millions d’euros.

« Assurer un passage libre et sûr pour le trafic maritime dans cette zone est expressément dans notre intérêt » détaille Ank Bijleveld-Schouten. En effet, l’une des principales compagnies pétrolières mondiales, Shell, est anglo-néerlandaise. « La frégate de commandement et de défense aérienne Zr. Ms De Ruyter va partir pour la région du Golfe en janvier » indique le communiqué gouvernemental. Elle sera dotée d’un hélicoptère de transport NH90 — équipé pour la surveillance comme les évacuations médicales — et renforcée d’officiers d’état-major supplémentaires à bord. La frégate restera jusqu’en juin sur zone, dans le cadre de cette mission EMASOH.

  • Le Danemark

Copenhague fournira tout d’abord, dès le début de l’opération un ou deux officiers d’état-major au QG de l’opération, dans l’état-major français à Abu Dhabi pour une durée de douze mois au minimum.

Elle mettra ensuite, à partir de l’automne 2020, à disposition une frégate avec 150 personnels et un hélicoptère, pour une durée de quatre mois.

« EMASOH constituera un instrument utile de préservation de la liberté de la navigation en garantissant l’existence d’une coordination appropriée et de mécanismes de partage d’informations entre tous les partenaires actifs dans le domaine, notamment l’industrie maritime. De plus, EMASOH a pour objectif d’encourager la désescalade et de compléter les efforts diplomatiques fondamentaux visant à assurer une stabilité accrue et un dialogue régional ouvert dans un contexte critique » conclue le ministère des affaires étrangères au sein de son communiqué consultable sur son internet www.diplomatie.gouv.fr.

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