Vous intégrez prochainement la Marine Nationale ? Cet argot vous sera bien utile.

Le langage parlé dans la Marine Nationale est riche en termes, mots, sigles, acronymes et expressions spécifiques. Pour permettre à tous de comprendre ce jargon, le service d’information et de relations publiques de la Marine a mis en ligne en janvier 2003 un lexique du vocabulaire de la Marine Nationale.

Les marins fraîchement recrutés, qu’ils soient matelots ou aspirants, peuvent souvent mettre de nombreuses semaines à se familiariser avec la vie à bord ou à terre, voir même à s’intégrer parmi l’équipage, tel un immigré dans une nouvelle nation essayant désespérément d’intégrer sa nouvelle culture.

Les termes retenus sont issus du langage courant dans la Marine du XXIème siècle, bien que le premier dictionnaire de ce type est apparu en 1687 avec le Dictionnaire des termes propres de Marine réalisé par Desroches que vous pouvez lire gratuitement en le consultant ici.

Les expressions ci-dessous faciliteront ainsi l’intégration des nouveaux arrivants qui comprendront après bonne lecture que les attributs du Président ne sont pas nécessairement ses organes reproductifs, et qu’avoir des sardines sur les épaules n’a aucune incidence sur l’odeur du porteur. Ou qu’un marga a autant sa place dans l’institution que ceux déployés en opex.

Lettre A :

  • Accoster (expression : (se faire) accoster un objet ou une personne) : (Se faire) apporter/amener quelque chose/quelqu’un.

 

  • Amiral : Grade le plus élevé de la catégorie des officiers généraux dans la Marine. Son appellation est « amiral« . Équivalent dans les autres armées : général d’armée.
    « Amiral » est aussi l’appellation de tous les grades d’officiers généraux de la Marine.
    On emploie adjectivement le terme dans l’expression « le bâtiment amiral », c’est à dire, sur lequel monte l’amiral.

 

  • Amphitrite : Épouse de Neptune, roi de la mer. Un des personnages des cérémonies du passage de la ligne (voir ce terme).

 

  • Ampoule : Carafe de vin.

 

  • Aran : Ateliers de réparation de l’aéronautique navale (situés à Cuers).

 

  • Argus : Surnom de la liste d’ancienneté des officiers mariniers de carrière (équivalent de la « bible » des officiers).

 

  • Armement : Ensemble des systèmes d’armes d’un bâtiment.
    Personnel par grades et spécialités composant une unité, récapitulé dans un document nommé « plan d’armement ». Équipage d’une embarcation. Opération consistant à prendre livraison d’un navire, à le doter de son premier équipage et à effectuer les essais et entraînements conduisant à son admission au service actif.

 

  • Arpette (un) : Marin passé par l’ancienne École des apprentis mécaniciens de la flotte.
    Plus largement : anciens apprentis des écoles d’apprentis mécaniciens pour les militaires et des écoles de formation techniques (EFT) pour les ouvriers d’État.

 

  • Arsouille : Arsenal

 

  • Artilleur : Surnom donné aux électroniciens d’armes (Elarm) et aux mécaniciens d’armes lutte au-dessus de la surface (Malas).

 

  • Attention on va rouler ! : Annonce faite par la passerelle sur le réseau de diffusion intérieure quand le bâtiment s’apprête à changer de bord par mer formée… Souvent il est trop tard, tout est par terre !

 

  • Attributs (du président) : Les attributs, petits objets symboliques, sont les « outils » du président du carré des officiers subalternes, qui les utilise pour animer et contrôler les repas dits « présidés ». Les attributs comprennent : l’échelle, le mur, la gaffe, la civière, le puits, la balayette, la pelle, la poubelle, le cercueil. En dehors du président, personne n’est autorisé à les utiliser, ni même les toucher. Illustration :

  • Au-delà (expression : aller dans l’au-delà) : Sur sous-marins diesels, pour naviguer au-dessous de 200m (« au-delà de 200m« ), les mesures de vigilances et de sécurité étaient renforcées ; par analogie, les sous-mariniers utilisent cette expression pour désigner une situation délicate nécessitant une attention toute particulière.

 

  • Aussières en béton : Un bâtiment a des aussières en béton lorsqu’il ne navigue pas pendant un certain temps. Voir aussi « reine des quais ».

 

  • Avarie de sourire : « Avarie de sourire, passez sur sourire à bras !« : Expression employée a posteriori pour décrire une situation tendue.

 

  • Avirons dans l’eau !!! : Allusion à l’ordre de manœuvre. Exclamation traditionnelle utilisée dans un carré quand un des membres fait tomber les couverts dans le plat.

Lettre B :

  • Bâbord : Partie gauche d’un bateau quand on regarde l’avant.
    Origine : voir « tribord ».
    Bâbord est aussi la gauche du marin ou le côté gauche de l’objet dont il parle.
    Enfin, « bâbord » est le nom donné à une des deux moitiés (bordées) de l’équipage d’un bâtiment, qui fait alternativement le quart avec l’autre, appelée tribord.

 

  • Bâbordais : Nom des membres de l’équipage qui font partie de la bordée bâbord.

 

  • Bachi : Coiffure à pompon rouge des matelots et quartiers-maîtres masculins. Ce terme argotique supplante dans le langage courant l’appellation réglementaire de « bonnet ».

 

  • Baderne : Sorte de paillasson en forme de huit (8), tressé à partir de vieux cordages par le « bosco » du bord, employé à recouvrir des parties du bâtiment que des frottements pourraient détériorer . Son aspect, souvent usé et vieilli par les embruns, a donné naissance à l’expression « vieille baderne » utilisé à l’endroit des individus hors d’état de servir.

 

  • Baignoire : Partie supérieure du massif d’un sous-marin, où sont postés les veilleurs et le chef du quart lors des navigations de surface. Appelée ainsi à cause des effets des paquets de mer qui s’y accumulent. Le terme officiel est « fosse de veille« .

 

  • Balancer / balancement : Effectuer des …/ essais de fonctionnement d’un matériel (exemple : « Attention plage avant, balancement de la tourelle! »).

 

  • Baliser (se, se faire) : Marquer (faire marquer), en général avec une serviette de table, une place à la cafétéria ou au carré pour indiquer qu’elle est retenue.

 

  • Bannette : Couchette.

 

  • Bannette chaude : A bord des sous-marins à propulsion diesel, une couchette était dite « chaude » quand elle était partagée par plusieurs marins qui y dormaient à tour de rôle (le dernier sous-marin pratiquant ce système, la Psyché, a été retiré du service en 1998).
    Système toujours en vigueur sur les chasseurs de mines lors de missions de déminage réelles (l’accès des fonds étant interdit à cause des risques d’explosion, plusieurs postes équipages sont condamnés).

 

  • Baptême : Cérémonie conviviale à bord des sous-marins, effectuée en plongée, à l’immersion maximum, pour « baptiser » les nouveaux sous-mariniers. A cette occasion, les nouveaux avalent un bol d’eau de mer, un bol de vin rouge, et un bol de « mixture  » (divers produits à la limite du consommable mixés dans un bol).

 

  • Bidel : Surnom du capitaine d’armes, officier marinier responsable de la discipline à bord.
    C’est le nom d’un célèbre dresseur de fauves parisien qui se produisait à la fin du 19ème siècle. Ses numéros étaient agrémentés de coups de feux et de fusées éblouissantes.

 

  • Bidellerie : Surnom donné au bureau du service courant (BSC), l’antre du « bidel ».

 

  • Bidet : Sur sous-marin, courte plongée pour vérifier son comportement en immersion et l’étanchéité des panneaux.

 

  • Bidon(s) : Vocabulaire aéronautique; réservoir(s) de carburant additionnel disposé (s) sous les avions de combat. « Il s’est posé sur les bidons »: il s’est posé en catastrophe et s’est posé sur les réservoirs.

 

  • Bidou : Vient du mot breton « bidouric », qui signifie le jeune, le petit. Le plus jeune dans le grade le moins élevé chez les officiers mariniers et officiers mariniers supérieurs. Il seconde le président du carré. En particulier il est chargé d’annoncer les anniversaires. « Équivalent » du midship du carré des officiers.

 

  • Biffin : Personnel de l’armée de terre, et par analogie, personne non ou mal amarinée ou qui n’a jamais embarqué.

 

  • Bleu (c’est) : Signifie « tout va bien ».

 

  • Bœufs : Surnom (péjoratif) donné aux officiers mariniers. Dans les temps anciens, des animaux vivants étaient embarqués pour nourrir l’équipage. L’installation de machines frigorifiques fit disparaître cette pratique. A la même époque, les premiers carrés d’officiers mariniers furent créés. Ce terme atteste qu’un lien malencontreux fut établi entre ces deux événements…

 

  • Boisson hygiénique : Boisson non alcoolisée.

 

  • Bombardier : Analogie aéronautique de l’argot des sous-mariniers. Surnom donné aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), à cause de leurs missiles balistiques (exemple : »je suis affecté sur bombardier. »). Par opposition, les sous-marins d’attaque constituent « la chasse ».

 

  • Bonnet : Coiffure à pompon rouge des matelots et quartiers-maîtres masculins, plus communément appelé « bachi ». Pour mémoire, la coiffure du personnel militaire féminin de la marine est un tricorne.

 

  • Bordache : Officier de Marine issu de l’École navale (souvent appellé à tord « navalais » – voir ce terme).
    Provient de Borda, nom attribué aux trois vaisseaux utilisés successivement entre 1840 et 1913 comme bâtiments-écoles de l’École navale. A cette époque les élèves de l’École navale étaient entièrement « élevés » sur mer… à bord du Borda.

 

  • Bordée : Répartition de l’équipage pour le service du bord en deux moitiés. On parle de bordée tribord et de bordée bâbord.
    Dans cette configuration, à quai le personnel travaille un jour sur deux (une journée et une nuit puis un jour de repos), à la mer un quart sur deux (toutes les 4 heures en journée, 6 heures la nuit).
    Le terme désigne aussi une virée à terre entre marins.

 

  • Bosco : « Le bosco » : désigne le chef des manoeuvriers, qui est en général un officier marinier supérieur.
    « un bosco » (les/des boscos) : désigne un (les/des) marin(s) de la spécialité de manoeuvrier.

 

  • Bouchon gras : Surnom (péjoratif) des mécaniciens. Vient du bouchon d’étoupe qu’ils utilisent pour éponger les taches d’huile.

 

  • Boula (le) : Surnom du boulanger à bord d’un bâtiment. On dit aussi « la boulange ».

 

  • Boulange (la) : Surnom du boulanger à bord d’un bâtiment. On dit aussi « le boula ».

 

  • Boum : Surnom des électromécaniciens d’aéronautique (branche armement). Également utilisé pour désigner les « artilleurs » s’occupant des tourelles de 100 mm.

 

  • Boumerie : Dans l’aéronautique navale, local de travail des « boums ».

 

  • Bourbouille : Éruption cutanée qui se manifeste par la présence d’un grand nombre de petits boutons rouges qui occasionnent de vives démangeaisons. La bourbouille est un grand classique des séjours outre-mer en atmosphère chaude et humide…

 

  • Bouteilles : Lieux d’aisance des officiers. Ainsi nommés parce que dans la Marine en bois, leur saillie sur la coque, au niveau du tableau de la poupe et de la galerie, rappelait une bouteille col en bas.

 

  • Boüt (prononciation : bohutte) : Surnom de l’aumônier. Provient du mot « marabout », découvert vraisemblablement lors de la conquête de l’Algérie en 1830.

 

  • Branlebas : Réveil. Ce mot prend son origine dans les commandements relatifs au rangement des « branles », les hamacs de l’équipage au temps où celui-ci ne disposait pas de couchettes fixes et logeait dans les batteries. Le réveil était aussitôt suivi de leur rangement dans les bastingages (pour s’aérer quant il y avait du soleil, et, pendant les combats, pour protéger l’équipage de service sur le pont contre la mousqueterie et la petite mitraille). On distinguait alors le « branlebas » (rangement et propreté quotidiens) et le « branlebas de combat » (dispositions pour le combat).

 

  • Branlebater (verbe transitif) : Dérivé de branlebas, signifie « réveiller quelqu’un de manière énergique ».

 

  • Branler : Se dit lorsque la mer est forte, ce qui occasionne de violents mouvements du bâtiment. (Exemples d’expressions : « ça branle drôlement », « on va se faire branler »).

 

  • Branleur de manche : Surnom des pilotes d’avions et d’hélicoptères.

 

  • Bras cassé : Surnom d’un fourrier. En référence à l’insigne de la spécialité, constitué d’un galon or cousu haut sur la manche. Le terme de fourrier provient de « sergent fourrier », fonction dans l’armée de terre de l’adjoint du capitaine de compagnie chargé des questions de logement, nourriture et habillement. La fonction et le terme ont été transposés dans la marine au 19ème siècle, ainsi que le galon, typique des uniformes de l’armée de terre à cette époque.

 

  • Bravo Zoulou : Félicitations, ou belle manoeuvre. Extrait du code des signaux.

 

  • But : Terme utilisé par les sous-mariniers pour désigner un bâtiment assigné comme objectif d’une de leurs torpilles ou missiles.

Lettre C :

  • CA : Contre-amiral.

 

  • Cabane : Fête organisée à mi-mission à bord des sous-marins; les jours ne sont plus comptés mais décomptés à partir de cette date. Vient de « cabaner », qui signifie renverser sens dessus dessous.

 

  • Cabaner Renverser sens dessus dessous. Synonyme de chavirer également.

 

  • Cahier : Registre des punitions, également appelé « peau de bouc ». Permet de comprendre la célèbre expression des capitaines d’armes consécutive à la constation d’une exaction en présence du coupable : « Toi, t’es su’l’ cahier ! ».

 

  • Caille : Couchette (familier).

 

  • Caillex majeur : Se dit d’un somme d’une durée plus longue que d’habitude. (Voir aussi « caille » et « ex »).
    S’utilise dans l’expression « je vais faire (ou j’ai fait) un caillex majeur ».

 

  • Caisson : Armoire individuelle.

 

  • Cambusard : Vin délivré par la cambuse, c’est à dire fourni par l’ordinaire à tous les carrés. Terme utilisé par opposition au « vin de précision » en provenance du coqueron.

 

  • Cambuse : Local utilisé pour le stockage des vivres du bord.

 

  • Campagne (partir en) : Affectation outre-mer (embarquée ou à terre). Il existe 2 types de campagne : avec ou sans famille.

 

  • Canonniers : Surnom des marins des spécialités « Électroniciens d’armes » (ELARM) et « Mécaniciens d’armes » (MEARM).

 

  • Canot major (prononciation : canott’) : Embarcation destinée au transport des officiers entre le bord et la terre. Par extension, appellation des véhicules militaires réservés aux déplacements des officiers, en particulier la voiture du commandant.

 

  • Cap de veau : Surnom d’un officier du grade de capitaine de vaisseau.

 

  • Capeler (opposé : décapeler) : Fixer un cordage sur un corps fixe. Au sens figuratif, mettre un manteau, un vêtement.

 

  • Capitaine d’armes : Étymologiquement gradé responsable des armes légères. Cette activité a été supplantée aujourd’hui par celle de police du bord. Le capitaine d’armes est en principe un officier marinier de la spécialité de fusilier. Son surnom est « bidel » (voir ce mot).

 

  • Carré : Appellation, sur les bâtiments, des salles de repos et salles à manger des officiers et des officiers mariniers.On peut avoir jusqu’à 7 carrés à bord :
    • carré de l’amiral
    • carré du commandant
    • carré des officiers supérieurs (« carré sup »)
    • carré des officiers subalternes (« carré des sub »)
    • carré des officiers mariniers supérieurs (« carré OMS »)
    • carré des officiers mariniers (« carré OM »)

    En fonction de la dimension et du rôle du bâtiment :

    • il n’est pas prévu de carré pour l’amiral et quand il embarque, le commandant lui cède son carré, dont il devient l’invité
    • à côté du carré du commandant, il n’y a qu’un carré d’officiers, celui des subalternes, les officiers supérieurs sont alors les invités permanents du carré commandant
    • il n’y a qu’un carré, commun à tous les officiers, il s’agit du carré commandant
    • il n’y a qu’un carré commun à tous les officiers mariniers.

 

  • Casquette à carreaux : Couvre-chef du retraité de la marine. « Je vais prendre la casquette à carreaux » signifie « je vais partir en retraite ».

 

  • Casquette à ressort : Officier dans le langage de l’équipage. En effet les galons de leurs casquettes évoquent un ressort (ce qui n’est pas le cas des casquettes des officiers mariniers qui n’ont qu’un ou pas de galon).

 

  • Chambre (Passer à la) : Avoir communication de sa notation annuelle par son officier notateur. Cet acte réglementaire se déroule dans le bureau de ce dernier qui, à bord d’un bâtiment, est également sa chambre. Mais l’origine du terme est « chambre du conseil », le salon du commandant sur les vaisseaux du 18ème siècle.

 

  • Chanter le menu : Tradition du carré des officiers subalternes. Sur l’ordre du président « Midship menu ! », le midship déclame le menu du jour sur un ton humoristique en s’appuyant sur un canevas défini par la coutume et identique dans tous les carrés.

 

  • Chanter (ou annoncer) les caps : L’homme de barre énonce haut et fort les caps défilant de cinq en cinq lorsque la barre est orientée, on dit qu’il les chante.

 

  • Chass’ mines : Chasseur de mines.

 

  • Chasse : Analogie aéronautique du vocabulaire des sous-mariniers. Surnom donné aux sous-marins d’attaque. Par opposition aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), qui sont appelés « bombardiers » à cause de leurs missiles balistiques.

 

  • Chasseur de mine tripartite (CMT) : Type de chasseur de mines construit en coopération internationale par la Belgique, la France et les Pays-Bas.

 

  • Chasseur de mines : Bâtiment spécialisé dans la détection à distance, la reconnaissance et la destruction des mines de fonds.

 

  • Chatte : Petit grappin fixé à un bout. Utilisé en particulier pour récupérer le croisillon des exercices d’homme à la mer.

 

  • Chauves : Surnom donné aux officiers par l’équipage : en moyenne ils sont plus âgés et portent plus souvent une casquette d’où la référence à leur calvitie.

 

  • Chef : Appellation du grade de second maître. Également surnom du chef du groupement navire (encore appelé « chef maille » ou « chef mach »).
    À l’état-major de la Marine, désigne le chef d’état-major de la Marine (Le Chef).

 

  • Chéqua : Diminutif de « chef du quart ». Également appellation des marins de la spécialité NAVIS

 

  • Chevalier (des mers) : Marin ayant passé la ligne (voir ce terme) et participé à son cérémonial en tant que néophyte. Après qu’il aura ultérieurement dans sa carrière fait passer la ligne à des néophytes, il pourra se prévaloir du titre de « dignitaire ».

 

  • Chicago ou Chicag’ : Quartier de la basse ville de Toulon situé entre la porte principale de l’arsenal et la rue d’Alger. Ce quartier était le lieu privilégié des sorties nocturnes des permissionnaires.

 

  • Chien jaune (ou « chien ») : Directeur de pont d’envol (abréviation « dirponvol »); il porte un maillot jaune. Il dirige les équipes chargées des mouvements des avions et des hélicoptères sur le pont d’envol (appontage, décollage, déplacement, saisinage, etc.). Vient probablement du terme anglais « WAVE OFF » crié par le dirponvol, qui signifie au pilote de dégager immédiatement le pont d’envol. La prononcation rapide de ce terme fait penser à un aboiement.

 

  • Chouf : Surnom d’un marin du grade de quartier-maître de première classe (QM1).
    Viendrait de l’arabe « Chouf » (regarder, observer) ou de « chauffeur » du temps des chaudières à vapeur.

 

  • Cinq panache : Surnom d’un officier supérieur du grade de capitaine de frégate, en référence à ses 5 galons panachés : 3 d’or alternés avec deux d’argent.

 

  • Cinq pleins : Surnom d’un officier supérieur du grade de capitaine de vaisseau, en référence à ses 5 galons dorés. (Voir aussi « Cinq panache »)

 

  • Cipal(e) : Le cipal (pluriel : cipaux): appellation d’un officier marinier supérieur du grade de maître principal. La cipale: la porte principale de l’arsenal.

 

  • Cochon : Flotteur métallique jaune utilisé dans la drague des mines.

 

  • Cocotte : Chaufferie nucléaire à bord des bâtiments à propulsion nucléaire (sous-marins et porte-avions). Terme dérivé de cocotte-minute.

 

  • Cocoye (ou coye) : Surnom donné aux marins certifiés « commandos marine ». Vient probablement de l’abréviation anglaise « CoCoy » (pour COmmando COmpanY), les premiers commandos marine ayant été formés en Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

  • Collecteur : Tuyau

 

  • Colonel (mon) : Surnom donné dans les carrés officiers à l’officier fusilier (à défaut à l’officier canonnier), anciennement chef du « corps de débarquement », fraction de l’équipage chargée de conduire des opérations d’infanterie à terre.

 

  • Condamner : Condamner un bâtiment, c’est le déclarer hors service. Consigner un local en le fermant ou en y plaçant un factionnaire en interdisant l’entrée.

 

  • Conev : Conducteur de pont d’envol : il est chargé du déplacement des aéronefs, sous les ordres d’un directeur de pont d’envol (surnommé chien jaune – voir ce terme).

 

  • Conserve (la) : Bâtiment escortant la Jeanne d’Arc dans sa campagne (Entre autres, il y eut les avisos-escorteurs Victor SchoelcherCommandant BourdaisBalny et Enseigne de Vaisseau Henry, l’escorteur d’escadre Forbin, la frégate de surveillance Germinal).
    Rôle actuellement dévolu à la frégate anti-sous-marine George Leygues.
    Vient de l’expression « naviguer de conserve » qui désigne une navigation à vue de deux navires.

 

  • Contre-amiral : Premier grade d’officier général. Son appellation est « amiral », son abréviation CA.
    Équivalent dans les autres armées : général de brigade.

 

  • Coqueron : Local du bord où sont stockées les boissons et conserves propriétés d’un carré.

 

  • Cordeb : Corps de débarquement (voir ce mot)

 

  • Corps de débarquement : Formellement institués en 1852, les corps de débarquement avaient pour mission de participer aux opérations de guerre à terre. Constitués d’une fraction conséquente de l’équipage des bâtiments, ils étaient entraînés au combat d’infanterie. Ils ont étés remplacés par les actuelles brigades de protection (BP), qui n’ont pas pour vocation d’être employées à terre. Néanmoins le vocable « corps de débarquement » et surtout son diminutif « cordeb » subsistent dans la langue parlée et sont utilisés parfois pour désigner la BP.

 

  • Corvettard : Surnom d’un officier des armes du grade de capitaine de corvette.

 

  • Corvette : Sortie de fin d’instruction des chefs du quart passerelle. Effectuée à bord des bâtiments-écoles, elle comporte au minimum une escale, habituellement dans un port étranger.

 

  • Couille : Règle de navigation servant à la mesure de distance et d’azimétrie sur une table ASM. Désigne également le radôme d’un aéronef.

 

  • Couillonomètre : Terme employé par le personnel de passerelle et désignant familièrement l’instrument permettant de mesurer manuellement une distance sur l’eau. Le nom officiel de l’instrument est stadimètre.

 

  • Coup de chalut : Affectation outre-mer bien rémunérée qui permet d’effectuer des économies.
    Expression : « Un dernier coup de chalut avant de poser la casquette ! »

 

  • Coupée : Passerelle servant à monter à bord des bâtiments.

 

  • Crabe : Surnom d’un marin du grade de quartier-maître de deuxième classe.

 

  • Cravate (être de) : Se dit du personnel de service d’astreinte à domicile, notamment chez les marins des ports.

 

  • Cuisse (la) : Surnom du chef cuisinier

Lettre D :

  • Décapeler : Opposé de capeler (voir ce terme).

 

  • Def. Nat. : Abréviation familière de la médaille de la défense nationale.

 

  • Dégager : Fin de la période d’un travail (entretien, poste de propreté) ou de la journée.

 

  • Désarmement : Opérations effectuées suite au retrait du service actif (RSA) d’un bâtiment et consistant à lui retirer tout ou partie de ses armes et équipements.

 

  • Déssalage – Déssaler : Se retrouver à l’eau lorsque son embarcation se retourne. Rincer le bâtiment à l’eau douce.

 

  • Dignitaire : Marin ayant déjà passé la ligne (voir ce terme) et l’ayant fait passer au moins une fois aux néophytes ; sinon il est simplement chevalier.

 

  • Dingologue : Surnom traditionnel des psychologues et psychiatres du service de psychologie appliquée de la Marine.

 

  • Dirfoy (prononciation : dirfoye) : Abréviation de directeur de foyer (voir aussi foyer)

 

  • Double (la) : Jadis, désignait une quantité de vin ou de spiritueux égale à celle qui revenait pour chaque ration d’homme, et ajoutée, selon les cas comme récompense ou comme réconfortant, à la ration réglementaire. Aujourd’hui, le terme désigne « l’indemnité supplémentaire de fêtes », disposition interarmées qui prévoit l’amélioration de l’ordinaire les jours suivants :
    • 1er janvier
    • 2e dimanche de mai
    • 14 juillet
    • le jour de l’inspection générale

     

  • Drap de lit : Message (imprimé sur le rouleau de papier blanc d’un téléscripteur) très, très, très long, tellement long qu’il pourrait servir de drap.

Lettre E :

  • Embarquer sur la patte de l’ancre : Embarquer à la dernière minute (pendant le poste de manoeuvre pour appareillage. Littéralement, monter à bord juché sur l’ancre que l’on lève du mouillage.

 

  • Endive : Personnel navigant volant sur avion de patrouille maritime Atlantique et travaillant en tranche arrière, donc dans le noir, contrairement aux pilotes et mécaniciens de la tranche avant qui voient le jour.

 

  • Enseigne : Dans le langage courant, désigne un officier du grade d’enseigne de vaisseau.

 

  • Enseigne de vaisseau (E.V.) : Appellation des deux grades d’officier des armes immédiatement supérieurs à celui d’aspirant, à savoir « enseigne de vaisseau de deuxième classe » (abréviation EV2) et « enseigne de vaisseau de première classe » (abréviation EV1). Leur appellation commune est « lieutenant ». Équivalents dans les autres armées : respectivement sous-lieutenant et lieutenant.

 

  • Enterrement : À l’occasion de la « perte » d’un de ses membres pour cause de promotion au premier grade d’officier supérieur, le carré des officiers subalternes organise son « enterrement ». Cette cérémonie traditionnelle débute au carré des subalternes, comporte le passage du « corps » par la trappe et s’achève devant l’entrée de son nouveau carré, celui des « p’tits vieux ». (Voir les mots « trappe », « carré » et « vieux »).

 

  • Étaler : Synonyme de « assurer », « être à la hauteur de la tâche ».
    On dit d’un marin facilement sujet au mal de mer qu’il « n’étale pas ». Rappel : l’étale est la période de quelques minutes pendant laquelle la hauteur d’eau est stable entre deux marées.

 

  • Évasan : Évacuation sanitaire

 

  • Ex : Suffixe signifiant « exercice ».

Lettre F :

  • Flicmar : Gendarme maritime.

 

  • Flottillard : Personnel de l’aéronautique navale affecté dans une flottille.

 

  • Flûte : Surnom de l’antenne d’écoute très basse fréquence (ETBF), tractée par les sous-marins et certains bâtiments de lutte anti-sous-marine. On utilise aussi, plus familièrement, voire de manière péjorative, le terme de « nouille ».

 

  • Forfusco : Force maritime des fusiliers marins et des commandos.

 

  • Fourrier : Un fourrier est un marin spécialiste de la comptabilité, chargé de la nourriture, du couchage et de l’habillement. L’appellation provient de « sergent fourrier » et trahit l’origine « terrienne » de la fonction
    Surnom : bras cassé (voir ce terme).

 

  • Foyer du marin : Établissement, situé en ville, proposant aux marins et à leur famille des services de restauration, hébergement, loisir, culture.

 

  • Frégate furtive : Autre appellation des frégates type « La Fayette ». En référence à leurs formes spécialement étudiées pour diminuer leur signature radar.

 

  • Fus (prononciation : fuze) : Diminutif de fusilier marin.

 

  • Fusco : Diminutif de fusilier marin commando.

 

  • Fusible : Surnom d’un électricien.

Lettre G :

  • Gabier : Marin de la spécialité de maneuvrier, équipé d’un sifflet de gabier et chargé de rendre les honneurs à la coupée. A l’origine le gabier est un matelot d’élite chargé de la visite des mâts, vergues, voiles d’un navire et de son gréement.

 

  • Gaé : Groupe aérien embarqué. Ensemble des aéronefs (avions et hélicoptères) embarqués sur le porte-avions.

 

  • Gaffe (déborder à la gaffe) : Au figuré, signifie « repousser (un problème ou un individu) ».

 

  • Gambit : Surnom d’un médecin aspirant.

 

  • Godasse de clown : Unité de mesure humoristique du fameux « pied de pilote », permettant d’apprécier une marge de manoeuvre jugée ridicule tellement elle est excessive.
    Exemple d’expression pour un appel particulièrement matinal dans la perspective d’une inspection : « Quel pied de pilote! Trois godasses de clown mises bout à bout ». Voir aussi « pied de pilote » et « jambe de bois ».

 

  • Gonfleur d’hélice : Surnom donné au personnel de l’aéronautique navale.

 

  • Gras comme un presse-étoupe : Expression familière désignant une personne replète.

 

  • Grenouille : Surnom donné au métérologiste-océanographe.

 

  • Gris coque : Couleur de la peinture utilisée pour les bâtiments de surface, surnommés de ce fait « bateaux gris ». Exception à cette règle : les bâtiments militaires de recherche scientifique, peints en blanc et appelés « bateaux blancs ». Les sous-marins sont quant à eux peints en noir, d’où leur surnom de « bateaux noirs ».

 

  • Gueule de tangon : Se dit d’une personne peu avenante. Voir aussi « Avarie de sourire ».

 

  • Gwennec : La monnaie, l’argent. S’utilise toujours au pluriel. Terme breton

 

  • Gwen-ru : Le vin rouge. Terme breton.

Lettre H :

  • Hibou : Pilote qualifié appontage de nuit sur porte-avions.

 

  • Huitième : Pénalité attribuée à un membre du carré des officiers subalternes pour ne pas avoir respecté les règles du carré. Seul le président (à tous les membres sauf au midship), le vice-président (au midship) et le midship (au président sous certaines conditions) sont autorisés à distribuer les huitièmes.
    Lorsque les huit huitèmes sont atteints, le membre concerné doit, pour se racheter et effacer sa dette, se montrer généreux et achète une bande dessinée qui rentre dans la patrimoine du carré ou offre une bouteille de vin de précision à l’occasion d’un repas présidé.

Lettre I :

  •  Ilôt : Superstructure d’un porte-avions

Lettre J :

  • Jambe de bois : Référence humoristique au fameux « pied de pilote » pris en maintes occasions dans la marine ; désigne une marge de manœuvre excessivement importante.
    Exemple d’expression : « Ce n’est plus un pied de pilote, c’est une jambe de bois ! »
    Voir aussi « pied de pilote » et « godasse de clown ».

 

  • Jardin du commandant en second : La mer.
    Jeter quelque chose dans le jardin du commandant en second, c’est jeter par-dessus bord.

 

  • Jean-Louis : Surnom des requins.
    Surnom du fusilier marin statufié à l’école des fusiliers marins. Il provient d’un monument colonial érigé à Saïgon et rapporté en métropole à l’issue de la guerre d’Indochine.

 

  • Jeanne : « La Jeanne » : le bâtiment Jeanne d’Arc.

 

  • Journal du parti : Par pure dérision, et sans remettre en question le nécessaire imprimatur de l’état-major de la Marine, les marins surnomment ainsi Cols Bleus, leur magazine hebdomadaire, auquel ils sont d’ailleurs nombreux à collaborer spontanément, parfois avec humour et impertinence, parfois en s’auto-censurant.

 

  • Jumelles en bois (regarder quelque chose avec des…) : Se dit d’une escale durant laquelle on ne peut descendre à terre. Désigne aussi un objectif qui paraît irréalisable « Voir le BS avec une paire de jumelle en bois ».

Lettre K :

  • Kermoco : Marin d’origine bretonne installé à Toulon.
    Formé à partir de ker (maison en breton) et moco (surnom donné par les marins bretons aux Provençaux) – voir aussi « moco » dans ce lexique.

Lettre L :

  • La main dessus ! : Ordre qui, suivant le contexte, invite soit à réagir promptement, soit à se servir un verre. Dans ce dernier cas, peut être complété par « le nez dedans ».

 

  • Lance-patate : Surnom d’un fusil lance-amarres et aussi du lance-roquettes anti-sous-marines installé sur certains aviso A69.

 

  • Lève-rames : Commandement ordonnant de tenir hors de l’eau les avirons. Au figuré désigne l’attitude d’un marin qui ne fait aucun effort (alors on ne travaille pas, c’est lève-rames ou quoi ?)

 

  • Lieut’ (prononciation : lieute) : Diminutif de « lieutenant » (appellation des grades d’aspirant et d’enseigne de vaisseau). Employé exclusivement par un subordonné pour parler de son chef (« le lieut’ te demande ! »).

 

  • Ligne (la) : L’équateur. Le franchissement de l’équateur par un bâtiment est appelé passage de la ligne. Il est l’occasion de festivités initiatiques organisées pour les marins qui le franchissent pour la première fois, dénommés « néophytes ». Elles s’achèvent par une cérémonie rituelle (le baptême) qui transforme le néophyte en « chevalier des mers ». Un diplôme est remis en souvenir à chaque nouveau chevalier. Il devra le présenter à tout passage de ligne suivant, sous peine d’être considéré comme néophyte… (Voir aussi le terme « dignitaire »).

 

  • Long comme un zéro à quatre Se dit de quelque chose qui n’en finit pas, comme un quart de minuit à 4 heures. On dit aussi: « Long comme un zérac »

 

  • Losse(s) : Nom donné génériquement aux officiers mariniers, contraction de molosse, être aboyant sur les matelots.

 

  • Loubet (le) : Photographie du chef de l’État, chef des Armées, accrochée dans le bureau du commandant. En souvenir de la présidence d’Émile Loubet, sous laquelle cette obligation fut.

Lettre M :

  • Machine : Les spécialités des marins d’un bâtiment de surface sont réparties en deux catégories : « le pont » et « la machine ». Les spécialités de l’énergie/propulsion (la machine ) travaillent généralement sous le pont principal, tandis que les autres (le pont) travaillent en principe au-dessus. Les surnoms respectifs des membres de ces deux entités sont « pontus » et « mécanos ».

 

  • Maneu : Abréviation de « manoeuvrier ». (voir aussi « bosco »).

 

  • Manœuvrier : Le manoeuvrier est chargé de mettre en oeuvre et d’entretenir les appareils nécessaires aux manoeuvres des bâtiments: mouillage, amarrage, dragage, ravitaillement à la mer, transfert de personnel et de matériel…
    Abréviation : maneu.
    Surnom : bosco.
    Ancienne appellation de la spécialité : gabier.

 

  • Manquer à virer : Laisser passer une opportunité.

 

  • Marchand d’hommes (ou marchand d’esclaves) : Surnom d’un officier de la direction du personnel de la Marine chargé de gérer les affectations d’une catégorie d’officiers. Son appellation officielle est « officier gestionnaire ».

 

  • Marcher sur les cloisons : Pris dans une tempête ou un cyclone, par plus de 45° de gîte, le marin peut « marcher sur les cloisons ».

 

  • Marée : Une patrouille de sous-marin (par analogie à une campagne de pêche chez les marins-pêcheurs). Se dit de quelqu’un « supportant bien » les boissons alcoolisées (tenir la marée).

 

  • Marga : Marin des ports. Vient de « marin gardien », une des anciennes appellation de ce corps de marins sédentaires.

 

  • Marinette : Femme marin (expression argotique).

 

  • Marmite : Surnom du coeur nucléaire sur les bâtiments (sous-marins et porte-avions) à propulsion nucléaire. Voir aussi « cocotte ».

 

  • Marpomp : Marin pompier.

 

  • Masquage des feux : Ordre réglementaire à bord d’un bâtiment de surface à la mer à l’heure du coucher du soleil. Les hublots du bord sont « masqués » par leurs tapes. Les seules sources lumineuses signalant le bâtiment sont les feux de navigation. Cette manoeuvre est un entraînement quotidien à la discrétion absolue requise en opération.

 

  • Massif : Partie supérieure du sous-marin où s’effectue la veille en surface.

 

  • Mataf : Surnom pour « marin ».

 

  • Matelot : Vient du néerlandais matte-noot signifiant compagnon de couche (voir bannette chaude).
    Premier grade des hommes du rang dans la Marine nationale. Dans les manoeuvres en formation, ce terme est utilisé pour désigner le bâtiment en tête de ligne ou de colonne (matelot de tête) ou qui précède (matelot d’avant).

 

  • Matricule en chiffres romains : Matricule d’un marin en passe d’être atteint par la limite d’âge de son grade.

 

  • Mettre (un marin) sur la peau : Établir une fiche de demande de punition à l’encontre d’un marin.

 

  • Mettre bas les feux : Arrêter l’appareil propulsif (originellement éteindre le feu de la chaudière).
    Par analogie, aller se coucher.

 

  • Mettre la machine sur le pont : Faire donner à la machine toute sa puissance, pour atteindre la vitesse maximale autorisée.
    Ou encore, ronfler bruyamment.

 

  • Mexicain : Ancienne surnom des QM1 de plus de 10 ans de services. Appelé aussi « général ».
    Cette catégorie de personnel a disparu : dans la Marine d’aujourd’hui, au bout de 10 années de service, on est nécessairement officier marinier, ou on a quitté la Marine…
    Encore usité lorsqu’un quartier-maître de première classe tarde à passer second maître dans l’expression: « Tu vas terminer Mexicain ! » Il portait des galons comportant 2 chevrons rouges sous 1 chevron jaune et une casquette avec un macaron rouge.
    Autre appellation: « chouf au-dessus de 10 ».

 

  • Mi-drisse : « Avoir la cravate à mi-drisse » avoir un noeud de cravate mal serré, plus bas que le col de la chemise, et présenter donc une tenue négligée.

 

  • Midshiper : Oublier (terme dû à la légèreté de certains midships).

 

  • Miss : Surnom du personnel féminin.

 

  • Moco : Surnom donné par les marins bretons aux Provençaux.
    Origine : en occitan provençal, les phrases débutent souvent par « amb’aquo » (« et alors »), qui, par transformations phonétiques, donne « m’oco »).

 

  • Moque (mot féminin) : Pot de peinture. Par extension ce terme désigne toute forme de récipient (moque de peinture, quart (à l’époque où ils existaient = quart de litre) de vin, moque d’huile moteur, etc.)

 

  • Motel : Maître d’hôtel.

 

  • Mouillé c’est lavé, sec c’est propre ! : Expression ironique pour qualifier le poste de propreté quotidien.

 

  • Mousse : Surnom d’un marin du grade de matelot.

 

  • Musicien : Un « musicien » est un marin qui n’effectue pas de quart à la mer.

 

  • Musique (être de) : Avoir sa nuit complète. Terminer le quart à 20h pour le reprendre à 08h.

Lettre N :

  • Navres (prononciation : navresse) : Navigation en eaux resserées.

 

  • Néophyte : Marin n’ayant jamais passé « la ligne » (voir ce terme).

 

  • Neptune : Dieu de la mer ; il préside, en compagnie de son épouse Amphitrite, les cérémonies du passage de la ligne (voir ce terme).

 

  • Niche : Couchette (familier).

 

  • Nouille : Surnom très familier, voire péjoratif, de l’antenne d’écoute très basse fréquence
    (ETBF), tractée par les sous-marins et certains bâtiments de lutte anti-sous-marine.
    L’autre surnom, neutre, de cette antenne est « flûte ».

 

  • Nounou : Appellation de la version « ravitailleur en vol » des chasseurs de l’aéronautique navale.
    A cet effet on équipe l’avion désigné pour ce rôle d’un réservoir supplémentaire particulier nommé nourrice (d’où dérive le terme nounou). Grâce aux ravitaillements en vol de la nounou, la durée de la mision des chasseurs embarqués sur porte-avions peut être sensiblement allongée, malgré l’absence d’avions spécifiquement dédiés à cette tâche dans la Marine.

Lettre O :

  • Océaniser : Couler en haute mer un bâtiment retiré du service actif et désarmé.

 

  • Officier de marine (OM) : Un des deux corps d’officiers des armes de la Marine.
    Les officiers de Marine sont des officiers généralistes destinés à exercer les fonctions de commandement et de direction de l’ensemble des activités de la Marine nationale. Ils sont recrutés par les concours de l’École navale, les concours internes ou sur titres ainsi que par la sélection « officiers sous contrat initial long ». Ils servent en qualité d’officier de carrière ou d’officier sous contrat.

 

  • Officiers de la marine : Les officiers de la Marine se répartissent entre officiers des armes et officiers des services :Officiers des armes :
    • officiers de marine
    • officiers spécialisés de la marine

    Officiers des services :

    • commissaires de la marine
    • administrateurs des affaires maritimes
    • professeurs de l’enseignement maritime
    • ingénieurs des travaux maritimes
    • corps technique et administratif de la marine
    • corps technique et administratif des affaires maritimes
    • ingénieurs des études et techniques de travaux maritimes
  • Officier marinier (OM) : Dénomination du personnel « sous-officier » de la Marine.
    Les cinq grades d’officier marinier sont : second maître, maître, premier maître, maître principal, major.

 

  • Officier marinier supérieur (OMS) : Officier marinier du grade de premier maître, maître principal ou major.

 

  • Officier subalterne : Première catégorie des grades d’officiers. Dans la Marine, elle comprend, par ordre croissant, les grades d’aspirant, d’enseigne de vaisseau de 2ème classe, d’enseigne de vaisseau de 1ère classe et de lieutenant de vaisseau.
    Dans le langage courant, on dit « un sub » ou « les sub ».

 

  • OM : Selon le contexte :
    • officier marinier
    • officier de marine

     

  • OMS : Officier marinier supérieur.

 

  • Oreille d’or : Marin de spécialité « détecteur anti-sous-marins » (DEASM) breveté analyste en bruits et environnement acoustique.

 

  • OSD : Officier en second.

 

  • Oscar : Nom du mannequin flottant utilisé pour les exercices de repêchage d’homme à la mer. Fait référence au pavillon « Oscar » du code international des signaux hissé en mâture et signifiant « j’ai un homme à la mer ».

 

  • OSM : Officier spécialisé de la Marine.

Lettre P :

  • PA : Porte-avions.

 

  • Pacha : Surnom du commandant d’unité (mot d’origine turque).

 

  • Pains : Jours d’arrêts (date du temps où les marins n’avaient que du pain et de l’eau lorsqu’ils étaient aux arrêts).

 

  • PAN (ou Pan) : Porte-avions nucléaire.

 

  • Pap : Poisson auto-propulsé : drone d’exploration et d’intervention sous-marine embarqué sur les chasseurs de mines.

 

  • Pape : « Le Pape » est le surnom de l’amiral commandant l’École navale.

 

  • Patron : Appellation familière des grades de « maître » et « premier maître ».
    Désignation officielle du marin qui pilote une embarcation (« patron d’embarcation »).
    Dans les formations de l’aéronautique navale, il existe des « patrons de spécialités » (en général l’officier marinier le plus ancien de la spécialité) et, dans les flottilles de chasse, des patrons d’appareils (surnom : pistard – voir ce terme).
    Titre enfin donné au « patron du pont » chez les sous-mariniers (on dit également « pontus » ou « taulier » – voir ce terme).

 

  • Patrouille maritime : Aviation à long rayon d’action, basée à terre et chargée d’effectuer des missions au profit des forces navales à la mer, principalement la recherche et la destruction des bâtiments et des sous-marins adverses. Dans la marine nationale ces tâches sont assurées par les Atlantique.

 

  • Pax : « Passager », à bord des bâtiments ou des aéronefs.

 

  • Peau de bouc (mettre sur la) : Synonyme de cahier de punitions – voir aussi ce terme…
    Mettre sur … : punir (expression abrégée : mettre sur la peau).

 

  • Peau de renard : Se dit d’un marin fainéant et rusé comme le goupil (terme péjoratif très usité chez les fusiliers marins).

 

  • Pédro : Hélicoptère de sauvetage d’un porte-avions. Systématiquement mis en l’air à l’occasion des opérations de catapultages ou d’appontage, il est chargé de se porter immédiatement au secours de l’équipage de tout avion qui tomberait à l’eau durant une de ces opérations.

 

  • Peinture sur merde égale propre ! : Expression traditionnelle des marins utilisée pour qualifier un travail bâclé, en référence à la couche de peinture passée sans autre mesure pour masquer la rouille.

 

  • Pêle-mêle (être sur le) : Être au rapport, sur le cahier, la peau (voir peau de bouc).

 

  • Pélot : Obus (100mm, 40mm, 20mm).

 

  • PH : Porte-hélicoptères.

 

  • Pharmacie : Réfrigérateur du carré contenant les boissons non alcoolisées.

 

  • Photex : Séance de photos aériennes.

 

  • Pied de pilote : Marge de manoeuvre (par analogie avec la marge de sécurité ajoutée au tirant d’eau pour se prémunir d’un échouage).
    Expressions humoristiques associées : voir « godasse de clown » et « jambe de bois ».

 

  • Piège : Nom donné par les pilotes à leur aéronef.

 

  • Pigoulière : Jadis, petit chaland portant les chaudrons à brai utilisés pour le calfatage des carènes du temps de la marine en bois. Au gré des carénages la pigoulière était déplacée d’un bâtiment à l’autre. A l’époque, comparer la propreté d’un bâtiment à celle d’une pigoulière n’était guère flatteur…
    Aujourd’hui le mot est utilisé au carré des officiers mariniers pour désigner l’ensemble à condiments qui circule d’un convive à l’autre.

 

  • Pingouin : Nom de l’insigne de l’aéronautique navale (une ancre ailée). Surnom du personnel de l’aéronautique naval.

 

  • Pink Floyd : Marin ayant une coupe de cheveux non réglementaire (origine : nom d’un célèbre groupe de pop-music des années 1970).

 

  • Pistard : Surnom donné à l’élève ayant le matricule le plus ancien d’un cours (il est chargé de faire la liaison entre l’adjudant et les élèves de son cours).
    Noms également donnés aux patrons d’appareils dans les flottilles de chasse de l’aéronautique navale. Ils sont chargés de préparer l’avion et d’aider le pilote à s’installer dans le cockpit.

 

  • Pitaine : Diminutif de « capitaine » (appellation du grade de lieutenant de vaisseau). Employé exclusivement par un subordonné pour parler de son chef (« le pitaine te demande ! »).

 

  • Planche de surf : Planche de bois équipée d’un raccord de manche à incendie. Elle sert, grâce à la mise en pression de la manche, à déboucher un collecteur d’hygiène. Un marin (le « surfeur ») se met debout sur la planche pour la maintenir sur la cuvette et contrecarrer l’effet de la pression.

 

  • Plante verte : Un des surnoms des fusiliers marins (en référence à la couleur verte de leur treillis, avant l’adoption des tenues camouflées).

 

  • Plaque de présentation : Objet décoratif, constitué d’un support de bois ayant la forme d’un écu et sur lequel est fixé l’emblème, habituellement en laiton, d’une unité de la marine.

 

  • PM : Premier maître.

 

  • PMP : Puissance maximale permise (par les machines).

 

  • Poisson : Appellation du sonar remorqué des frégates anti-sous-marines.

 

  • Ponev : Équipier de pont d’envol : placé sous les ordres d’un directeur de pont d’envol (surnommé chien jaune – voir ce terme), ils sont chargés du saisinage des aéronefs.

 

  • Pont : Les spécialités des marins d’un bâtiment de surface sont réparties en deux catégories : « le pont » et « la machine ». Les spécialités de l’énergie/propulsion (la machine ) travaillent généralement sous le pont principal, tandis que les autres (le pont) travaillent en principe au-dessus. Les surnoms respectifs des membres de ces deux entités sont « pontus » et « mécanos ».

 

  • Pontus (se prononce pontusse) : Au sein de l’équipage d’un bâtiment de surface, désigne un marin d’une spécialité du « pont »(voir ce terme).
    Chez les sous-mariniers le terme désigne le « patron du pont » (voir « taulier »).

 

  • Porte-hélicoptères (PH) : Bâtiment spécialisé dans la mise en oeuvre d’hélicoptères (à distinguer d’un bâtiment porte-hélicoptères – BPH – qui possède la capacité d’embarquer et de mettre en oeuvre un ou des hélicoptères .)
    La Jeanne d’Arc est l’unique porte-hélicoptères de la Marine nationale.

 

  • Poser la casquette : Quitter la Marine. Partir à la retraite.

 

  • Poste : Emplacement.
    Poste d’amarrage d’un bâtiment.
    Chambrée, dortoir.

 

  • Poulaines : Sanitaires, toilettes.

 

  • Pres (le) [prononciation : prez] : Surnom du président d’un carré.

 

  • Président : « Le président » (des officiers mariniers) est l’officier marinier élu pour représenter l’ensemble des officiers mariniers du bord.
    Remarque : le caractère électif de cette fonction date de 2001 ; auparavant le titulaire était désigné par le commandant.
    Les autres présidents du bord sont les présidents des différents carrés officiers et officiers mariniers (le membre du carré le plus ancien dans le grade le plus élevé).

Lettre Q :

  • QM (QM1, QM2) : Quartier-maître (de première classe, de deuxième classe) 
  • QMM : Quartiers-maîtres et matelots 
  • Quart : A la mer période de deux, trois, quatre ou six heures (en fonction du régime de veille) rythmant la vie à bord des bâtiments.
    A quai, temps effectif de garde.
    Désigne également le gobelet en inox utilisé par forte mer en remplacement des verres pour éviter la casse et les blessures. 
  • Quartier-maître : Appellation des deux grades immédiatement supérieurs à celui de matelot, à savoir « quartier-maître de deuxième classe » (abréviation QM2 ; surnom « crabe ») et « quartier-maître de première classe » (abréviation QM1 ; surnom « chouf »). Équivalents dans les autres armées : caporal et caporal-chef. 
  • Quartier-maître major : Matelot ou quartier-maître élu pour représenter l’équipage.
    Remarque : le caractère électif de cette fonction date de 2001 ; auparavant le titulaire était désigné par le commandant.

Lettre R :

  • Ram (prononciation : rame) : Ravitaillement à la mer. 
  • Rampant : Surnom donné par le personnel volant au personnel travaillant à terre ou au personnel du pont d’envol. Surnom donné également au personnel de l’aéronautique navale n’étant pas de spécialité « navigant » (pilote, mécanicien de bord, électronicien de bord, etc.), afin de les différencier justement de ceux-ci appelés « volant ». 
  • Rampouille : Se dit d’un marin qui s’est engagé (a rempilé) après avoir effectué son service militaire. 
  • Rat bleu : Faux écho radar ou créature malfaisante perturbant le bon fonctionnement des matériels électroniques (équivalent du « gremlin » chez les Anglo-Saxons). 
  • Rat de bannette ou rat de caille : Marin qui passe le plus clair de son temps libre dans sa bannette. 
  • Rat de base : Marin affecté à terre depuis une très longue période. 
  • Rationnaire : Personnel prenant son repas aux rations (voir ce terme). 
  • Rations : Premier service du repas, destiné au personnel de quart pendant le repas du reste de l’équipage, appellé « service principal ». Expression dérivée : manger aux rations.
    Prendre quelqu’un aux rations : accabler de reproches un subordonné qui a commis une erreur ou qui traîne des pieds dans l’exécution d’une tâche qui lui a été confiée, comme le gradé fusilier chargé de la surveillance des rations peut le faire avec un matelot se présentant aux rations alors qu’il n’est pas de quart pendant le service principal. 
  • Reine des quais : Bâtiment qui ne navigue pas souvent. 
  • Renard : Tableau de pointage de présence des officiers. En cuivre massif, il comporte en principe la fonction, le nom et la photographie de chaque officier. Un coulisseau indique pour chacun d’entre eux la position « à bord » ou « à terre ». Le renard est tenu à jour par le gradé de coupé.
    Le terme provient du jeu « Le renard et les poules » qui comportait un disque percé de trous, dans lesquels étaient insérés des pinoches comme celles utilisées pour déterminer la position « à bord » ou « à terre » sur les premières versions des tableaux de pointage. 
  • Retrait du service actif (RSA) : Fin de la carrière d’un bâtiment au sein de la Marine nationale. Sortie de la liste des bâtiments de la flotte en service. À l’issue le bâtiment peut être soit désarmé, soit cédé à une autre marine. 
  • Ribote : Sortie des membres d’un carré. 
  • Rond dans l’eau (faire des …) : Pour le marin peu au fait des savantes évolutions, et qui se refuse à en découvrir la pertinence, toute navigation ne menant pas à une escale se résume à des évolutions stériles, à faire des ronds dans l’eau.
    Le vrai marin se surprend parfois à utiliser cette expression en guise de défoulement verbal quand il est fatigué. 
  • Royale : « La Royale » est le surnom de la Marine dans les autres armées (origine : l’état-major de la Marine est situé rue Royale à Paris). 
  • Ruban légendé : Ruban noir qui orne le bonnet des matelots et qui porte le nom de leur unité d’affectation.

Lettre S :

  • Sabre : Arme d’apparat portée en tenue de cérémonie par les officiers et les officiers mariniers supérieurs. La forme et/ou la couleur du gland de la dragonne distinguent les niveaux de grade : couleur noir pour les officiers mariniers et les aspirants, franges or pour les officiers subalternes, gland or pour les officiers supérieurs, ornementation d’étoiles (2 à 5) pour les officiers généraux. 
  • Sar : Abréviation de l’expression aéronautique « search and rescue ». Utilisé en flottilles d’hélicoptères et de patrouille maritime pour désigne les opérations aériennes de recherche et sauvetage (effectuées en mer le plus souvent). 
  • S.M. : Selon le contexte, sigle pour « second maître » ou « secrétaire militaire ». 
  • Saisiner : Arrimer les aéronefs sur le pont d’envol ou dans le hangar. 
  • Sako : Un des surnoms des fusiliers marins.
    L’origine de ce mot est discutée :

    • selon certains c’est une déformation de shako, coiffure portée par les fusilers marins sous l’Empire, encore présente actuellement dans la tenue de parade des saints-cyriens et de la garde républicaine.
    • pour d’autre il s’agit de la contraction du commandement « sac au dos ! », prononcé par les fusiliers marins pendant les manoeuvres d’infanterie effectuées par les corps de débarquement des bâtiments (voir corps de débarquement).

     

  • Sardines : Surnom des galons des officiers mariniers. 
  • Second : Abréviation de commandant ou officier en second. 
  • Sécuritard : Personnel de la spécialité Emsec. 
  • Sieste : Mouvement militaire réglementaire sur un bâtiment en mer. Un homme doit dormir en moyenne sept à huit heures par jour pour être en pleine forme. En conséquence le marin, qui voit sa nuit amputée d’heures de quart, dispose d’un temps de récupération à l’issue du déjeuner. 
  • Six-cent-six (606) : Numéro de nomenclature du jambon au service d’approvisionement de l’ordinaire
    (SAO). Utilisé dans l’expression « Tu me prends pour un 606 ? » 
  • SIRPA/Marine : Service d’information et de relations publiques de la Marine.
    (Au sens strict, SIRPA : service d’information et de relations publiques des armées) 
  • SNA : Sous-marin nucléaire d’attaque. 
  • SNLE : Sous-marin nucléaire lanceur d’engins. 
  • Sorcier : Surnom de l’infirmier du bord. 
  • Sortie cartes postales : Se dit en escale lorsque les marins sortent pour acheter uniquement des cartes postales pour les proches. Ils rentrent généralement tard le matin… sans cartes.héhhé c’est vrai !! mdr 
  • Souillarde (La) : Surnom donné à bord dans les offices ou caféterias au bac à plonge. (« être de souillarde » = « faire la vaisselle »). 
  • Sous-marinade : Surnom des forces sous-marines. 
  • Soute à béquilles : Carré des officiers mariniers supérieurs (terme utilisé par les équipages et officiers mariniers). 
  • Sur le bord ! : Commandement prononcé pour rendre les honneurs à un officier franchissant la coupée du bâtiment. 
  • Surface : Les forces de la flotte de surface / pour les distinguer des forces sous-marines – la sous-marinade- et de l’aéronautique navale -l’aéro. 
  • Surfacier : Marin d’une spécialité de la flotte de surface (par opposition à « sous-marinier » et « aéro »). Nota: les fusiliers commandos sont des surfaciers. 
  • Surveillance maritime : Ensemble des missions aériennes à caractère de surveillance des approches maritimes, de police en mer ou de recherche et sauvetage en mer. Ces tâches sont dévolues aux avions Falcon 50MGardian et Nord 262 E.
  • Tableau (d’avancement) [« être inscrit au tableau »] : Liste d’avancement au grade supérieur (pour les officiers et officiers mariniers). 

Lettre T :

  • TAG : Téléphone auto-générateur, utilisé à bord des bâtiments lors des manoeuvres, exercices, avaries, sinistres, etc. Possède la particularité de fonctionner même en cas de panne du réseau électrique. 
  • Tape de bouche : Bouchon (de bois ou de liège) servant à obturer la bouche d’un canon afin de le protéger des embruns et des intempéries. Les tapes de bouche d’apparat, ornées de l’emblème du bâtiment, sont aujourd’hui des objets décoratifs. 
  • Tapis d’embarcation : Grande nappe de laine de couleur bleu marine, agrémentée d’un liseret rouge sur son pourtour et d’ancres dans les angles. Cet objet traditionnel est utilisé lors des cérémonies à bord. 
  • Taquets (être aux) : « Être à fond ! »
    Avoir atteint la limite de ses possibilités, en annuités de retraite, en charge de travail, voire… en matière de patience. 
  • Taulier (tôlier) : Surnom du « patron du pont » aux sous-marins. Il tient le rôle d’adjudant du service courant. C’est l’équivalent du capitaine d’armes des bâtiments de surface. Le mot est dérivé de « taule/tôle », surnom de cellule, prison. 
  • Taxi : Nom donné par les pilotes à leur aéronef. 
  • Terminé barre et machine : S’emploie à l’issue d’un accostage. Dans le langage courant, signifie la fin d’une action, d’un travail. 
  • Tête (faire tête sur quelqu’un) : Se mettre en rapport avec quelqu’un. 
  • Teugue (pont) : Pont intermédiaire entre la plage arrière et la passerelle. 
  • Tiers : Répartition de l’équipage pour le service du bord en trois divisions. On parle de 1èr, 2ème et 3ème tiers. Dans cette configuration, le marin effectue un quart sur trois (quarts de 4H en journée et 6H la nuit). 
  • Tirer à boulets rouges : Réprimander, rappeler vivement à l’ordre un subordonné.
    Découle d’une ancienne pratique du combat naval qui consistait à charger un canon à l’aide d’un boulet en fonte rougi au feu. Ce procédé, très dangereux pour les canonniers (risque de départ intempestif du coup), occasionnait de gros dégâts aux bateaux atteints en mettant le feu aux voiles et aux ponts. 
  • Tirer les étoiles : Faire un point astronomique. 
  • TLD : Traversée de longue durée. 
  • Toile de pudeur : Toile déployée le long des coupées pour préserver l’intimité des dames en jupe des regards indiscrets, en particulier à marée haute. 
  • Torpilleurs : Surnom donné aux marins de spécialité mécanicien d’armes de lutte sous-marine (Malas). 
  • Touque : Surnom d’une carafe de vin. 
  • Tourelle : Tour blindée tournante ou fixe servant à abriter un ou des fûts (de canon, de missile…). 
  • Tours d’hélices (avoir des) : Expression « mesurant » le temps de service embarqué sur bâtiment (nombre de jours de mer).
    Très souvent utilisé lors de confrontations entre jeunes et vieux dans l’expression « Quand tu auras autant de tours d’hélices que moi, on en reparlera ». 
  • Tracou : Terme désignant la manœuvre de rapprochement entre deux bâtiments qui permet de transférer du courrier d’un bord vers l’autre. 
  • Tranche (inspection de) : Portion d’un navire correspondant au compartimentage. Fait l’objet d’inspections dites « de tranche » par le commandant du bâtiment. Par extension l’expression est employée également pour désigner les inspections de locaux des unités à terre. 
  • Trans : Diminutif pour « transmetteur ». 
  • Trapèze (Passer au) : Convocation chez le capitaine d’armes pour répondre d’une infraction commise ou passer au rapport. 
  • Trappe (passer à la trappe) : Lors du passage au grade de second-maître, pour passer de la cafétéria équipage au carré officier marinier, on fait passer le nouveau promu (largement badigeonné de toutes substances grasses et nauséabondes) par la « trappe », le passe-plat.
    Cette tradition existe également entre carrés officiers subalternes et supérieurs (lorsque ceux-ci sont séparés) lors d’une promotion au grade de capitaine de corvette. 
  • Traversée de longue durée : Pendant sa période d’armement, à l’issue de la clôture d’armement (fin des travaux de construction) et avant son admission au service actif (entrée officielle dans la flotte des bâtiments en service), un nouveau bâtiment effectue une période d’essais à la mer de plusieurs semaines destinée à éprouver son endurance, habituellement ponctuée d’escales à l’étranger, appelée traversée de longue durée (TLD). 
  • Tribord : Partie droite d’un bateau quand on regarde l’avant.
    Viendrait d’une déformation de la prononciation d’un terme hollandais signifiant « côté où se trouve le gouvernail ». A l’époque les gouvernails n’étaient pas dans l’axe du bateau mais généralement sur le côté droit de celui-ci. « steer-board » serait ainsi devenu « tribord ». Le terme « babord » aurait la même origine, décrivant le côté du bateau auquel le barreur tournait le dos soit « back-board » déformé en « babord ».
    Tribord est aussi la droite du marin ou le côté droit de l’objet dont il parle.
    Enfin tribord est le nom donné à une des deux moitiés (bordées) de l’équipage d’un bâtiment, qui fait alternativement le quart avec l’autre, appelée babord. 
  • Tribordais : Nom des membres de l’équipage qui font partie de la bordée tribord. 
  • Tricorne : Chapeau à trois cornes, coiffure du personnel militaire féminin de la Marine.

Lettre U :

  • Unité : Formation de la Marine 

Lettre V :

  • Vaguemestre (diminutif Vaguo) : Personne tenant les fonctions de postier (réception, distribution, envoi du courrier) à bord. 
  • Vent de la bouée (être au) : Avoir de la marge, être paré, dans les temps. 
  • Vert : Expression d’origine aéronautique qui signifie de façon générale : « tout est ok ».
    Exemple: un hélico vert est un hélicoptère disponible. De la même façon, « rouge » veut dire « indisponible ». 
  • Vertrep : Transfert de matériel ou de denrées entre bâtiments par hélicoptère (le plus souvent par palette-filet suspendue sous l’appareil). Vient de l’anglais VERTical REplenishment. 
  • Veuve (La) : Commandant en second de l’École navale, dont le commandant est le Pape. 
  • Vieux : au singulier désigne le commandant de l’unité (« affectueux »)
    au pluriel: (les vieux) utilisé par l’équipage pour désigner les officiers mariniers supérieurs ; (les p’tits vieux) utilisé au carré des officiers subalternes pour désigner les officiers supérieurs. 
  • Vin de précision : Vin bouché provenant du coqueron du carré (par opposition au « cambusard », de qualité ordinaire). Origine : bouteilles de vin offertes par le directeur de l’artillerie à la suite d’un tir au but direct. 
  • Violon : Système servant à maintenir la vaisselle sur les tables des carrés lors de mauvaise mer. Au carré, lorsque les violons sont sortis, ce n’est pas vraiment la fête ! 
  • Vol blanc : Retour prématuré de mission pour cause de problème médical. 
  • Vol bleu : Retour d’affectation outre-mer ou de mission pour cause de sanction disciplinaire. 
  • Volant : Personnel de l’aéronautique navale des spécialités dites « navigantes » (par opposition aux « rampants », surnom donné au personnel des spécialités à terre). Cette distinction est commune à l’armée de l’Air et à l’aviation légère de l’Armée de terre. 

Lettre Z :

  • Zébulon : Technicien supérieur en radioprotection. 
  • Zérac : Quart de minuit à quatre heures du matin (de zéro à quatre).
    Utilisé en particulier dans l’expression « long comme un zérac », qui qualifie quelque chose qui n’en finit pas, comme certains quarts de minuit à quatre heures.

Le lexique complet de la Marine Nationale est à retrouver au format pdf en cliquant ici.

Il existe également le Dictionnaire de l’Argot-Baille, rédigé par  Joseph de Miribel. Il a compilé dans son ouvrage 1 780 termes et expressions de la langue bleue que vous pouvez acheter en ligne en cliquant ici.

Si, pour vous accueillir à bord, votre nouvel équipage vous propose une boisson hygiénique, vous saurez désormais qu’il s’agit d’une boisson non-alcoolisée (ce qu’il faudra poliment refuser : vous êtes marin à présent !).

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