Saisies gouvernementales des navires : des assureurs proposent une nouvelle couverture

Une navette et un hélicoptère des Gardes de la Révolution iraniens autour du « Stena Impero », un tanker battant pavillon britannique saisi par l’Iran, ici le 21 juillet 2019 dans le golfe Persique. (HASAN SHIRVANI / AP / SIPA)

En moins d’un mois durant l’été 2019, l’Iran a effectué trois saisies de navires étrangers qui contenaient pour certains des centaines de milliers de litres de carburant « de contrebande » selon les autorités iraniennes. Ces opérations sont la mise en application des menaces faites par l’Iran après la saisie d’un de ses navires le 04 juillet 2019 à Gibraltar par les autorités britanniques. Ces saisies sont l’une des manifestations des tensions qui s’expriment dans la région du golfe Persique depuis plusieurs mois, liées notamment au rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran par les Etats-Unis.

Suite à ces saisies au large d’Hormuz, certains assureurs anglais ont été inventifs et ont vite réagi, comme la société Hiscox qui propose une couverture sur-mesure pour la saisie des navires par des États et l’ont nommé « Malicious vessel seizure » ou « saisie malveillante de navire« .

Cette nouvelle couverture répond à un seul et unique risque : celui de la saisie du navire par un gouvernement étranger. Souscrire à cette assurance permettra à l’armateur ou à l’affréteur, en cas de saisie gouvernementale malveillante, de compenser la perte du coût de l’exploitation et des services du bâtiment.

La société d’assurance Hiscox, basée aux Bermudes, est très attentive à l’exploitation des navires qu’elle assure :

« C’est en réponse directe à cette menace croissante qu’est la saisie malveillante des navires par les États que nous avons mis au point cette nouvelle couverture pour les protéger dans le cadre de leurs utilisations et exploitations par les armateurs ou affréteurs » a indiqué la compagnie.

Que contient cette couverture ?

Malicious Vessel Seizure aidera le propriétaire ou l’affréteur du navire à gérer ce type de crise particulière et éminemment politique. Ces services comprennent :

  • la liaison gouvernementale permanente,
  • le soutien familial aux victimes,
  • disposer des ressources et de l’expertise de Control Risks pour gérer la crise,
  • le soutient financier de Hiscox pour faire face aux pertes d’exploitations.

Toujours selon Hiscox, une réponse coordonnée à la gestion de crise dès ses balbutiements peut aider à atténuer l’impact sur les assurés mais surtout sur les familles des victimes.

Par ailleurs, la compagnie précise qu’aucun navire qui effectue des transactions avec l’Iran ne sera couvert par cette assurance.

Le coût des assurances pour les pétroliers grimpe en flèche :

Cette nouvelle couverture facultative vient s’ajouter aux autres, de plus en plus chères. En effet, plus la tension politique monte au Moyen-Orient, plus le prix de l’assurance est élevé pour les navires qui croisent dans cette région responsable d’environ un tiers du pétrole brut mondial.

Les primes de risque de guerre pour une cargaison de pétrole standard par pétrolier dans le Golfe-Persique peut maintenant s’élever à 500 000 dollars, ce qui représenterait selon les acteurs 1/10 du coût global de l’exploitation du navire (source : insurancejournal.com). Assurer un pétrolier de 75 millions de dollars revenait jusque là environ 200 000 dollars pour des cargaisons évaluées à 130 millions de dollars.

Ces coûts impactent toute la chaîne : les raffineurs paient davantage pour le pétrole brut, ils répercutent ensuite sur les clients s’ils le peuvent, autrement leurs marges se retrouveraient comprimées.

Mais concernant les prix à la pompe, le ministre des transports a précisé le 21 septembre 2019 sur la radio Europe 1 que l’état des stocks de carburant ne justifie pas de hausse des prix à la pompe.

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