Marine Nationale : la crise de l’habillement n’est toujours pas terminée

L’habillement concernant à la fois son identité et son quotidien, le marin est très attentif à la qualité de la prestation délivrée par le Service du commissariat des armées (SCA). Fin 2015, cette filière sensible avait été déclarée en crise par le ministre de la Défense et un plan d’actions avait été défini pour améliorer la performance et regagner la confiance des marins.

Où en est-on, deux ans plus tard, alors que les difficultés subsistent ?

« Priorité aux unités embarquées »

Cette phrase pourrait être la devise des salons d’habillement de Brest, Toulon, Cherbourg et anciennement Paris avant la fermeture de la Pépinière.

Interrogé en 2015 par le magasine Cols Bleus de la Marine Nationale, le ministre de la défense de l’époque Jean-Yves Le Drian avait annoncé un plan d’urgence pour remédier à cette « crise », terme qu’il avait lui-même employé pour qualifier ce problème touchant également l’armée de l’air et l’armée de terre depuis l’opération Sentinelle. « C’est une question récurrente mais qui n’est pas si secondaire car ça contribue au moral », avait-il ajouté.

Aujourd’hui, en Janvier 2018, cette crise n’est toujours pas solutionnée. En effet, le numéro de décembre de Cols Bleus, le magazine de la Marine nationale, indique que des « difficultés subsistent ».

  • Les chaussures :

Le marché des chaussures de sécurité, pourtant passé avec une marque renommée, ne donne pas encore satisfaction. Plus de 30 % des articles livrés sont de qualité insuffisante, créant une pénurie inattendue.

  • Les chemises :

Les chemisettes blanches font également défaut, principalement (mais pas seulement) dans les petites tailles.

  • Les Tenues de Protection de Base (TPB) :

Les difficultés actuelles portent sur l’usure précoce de cette tenue et sur sa disponibilité. L’état-major de la Marine (EMM) a demandé que tous les marins reçoivent deux tenues de protection de base lors de leur incorporation.
Auparavant seuls les marins embarqués en étaient équipés. En attendant la mise en place concrète de cette décision, l’EMM a établi une liste de formations dont le personnel doit être équipé en priorité, comme par exemple les unités embarquées. Face aux difficultés d’approvisionnement, le SCA (Service du Commissariat des Armées) va mettre en place une procédure d’urgence pour reconstituer les stocks de TPB, mesure qui devrait porter ses fruits début 2018.
Parallèlement, ce service a lancé une nouvelle procédure de marché pour l’acquisition d’une TPB renforcée qui devrait être testée début 2018 par 50 marins d’un bâtiment de la Force d’action navale.

  • Les Gilets de Protection Balistique (GPB) :

Le contexte sécuritaire a fortement impacté les missions des marins et donc leurs équipements.
L’exemple le plus emblématique est celui des gilets de protection balistique (GPB) ou plus communément appelés gilets pare balles, dont la demande a considérablement augmenté au cours de ces deux dernières années, principalement au profit des brigades de protection, des commandos et fusiliers marins. Ces besoins, parce qu’ils touchent à la sécurité du personnel, font l’objet d’un approvisionnement prioritaire. Afin de mieux honorer les demandes, un travail de recensement des stocks de GPB est en cours de réalisation au niveau interarmées.

  • Une attention portée sur les fusiliers marins :

La nouvelle politique d’équipement en effets individuels de combat d’infanterie a été élaborée pour les marins participant aux missions « protection sécurité » (Prosec). Le nouveau paquetage, fruit d’un travail mené en liaison avec l’armée de Terre et l’armée de l’Air, intègre des effets supplémentaires (gants, lunettes, chemises GPB, lampe et sac) qui seront livrés dès début 2018.

Les marins ne sont pas les seuls à connaître des problèmes en matière d’habillement. L’armée de Terre y a été confrontée en 2015, au moment de la montée en puissance de l’opération Sentinelle.

« Dans son 10ème rapport sur les militaires engagés dans les opérations de protection du territoire national et de la population, le Haut Comité a constaté, lors de la montée en puissance de l’opération Sentinelle, un défaut de quantité et de qualité du service rendu dans le domaine de la fourniture d’habillement (treillis, chaussures) et d’effets de protection (gilets pare-balles) » rappelle ainsi l’édition 2017 de la Revue annuelle de la condition militaire.

« La situation face aux ruptures de stocks dans le domaine de l’habillement s’est améliorée entre 2015 et 2016 mais elle reste marquée par une large insatisfaction des militaires, notamment dans l’armée de l’Air », souligne ce document.

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