Quand les bretons n’avalent pas la pilule des J.O face à Marseille

voile marseille
Crédit photo : Sport24-Le Figaro

La ville de Marseille a officiellement été désigné pour accueillir les épreuves de voile en cas d’obtention par Paris des Jeux Olympiques de 2024.
Elle était en concurrence avec Hyères et La Rochelle, Brest, Vannes, Le Havre.

Les sites ont été jugé selon six principaux critères:
– la qualité du plan d’eau,
– les infrastructures de la marina olympique,
– l’espace pour les spectateurs,
– le village olympique,
– l’accessibilité,
– la capacité d’accueil de la ville,
– l’adhésion de ses habitants.

«Le plan d’eau de Marseille est de très bonne qualité. Il y aura une marina exclusivement dédiée au sport de compétition et à la voile légère en particulier», a expliqué Jean-Pierre Champion, président de la Fédération française de voile et expert du comité d’évaluation.

Un autre critère a été pris en compte : l’héritage laissé par ce projet.

« La ville de Marseille n’est pas légitime pour accueillir les épreuves de Voile »

Pour la presse bretonne ou rochelaise, le choix de la ville de Marseille, en terme de légitimité sportive et d’aménagement du territoire, n’a rien d’évident.
Ce qui est absolument grotesque.
La déception de ne pas avoir été retenu est justifiée et compréhensive. Mais de là à remettre en cause la légitimité de Marseille par rapport aux candidates de l’Atlantique est ridicule.

Jean-François Fountaine, maire de La Rochelle, très déçu, parle de « triste jour pour la voile française » relaye Sud-Ouest. Carrément.

Et les commentaires n’y vont pas de main morte, notamment le site Bretagne-Bretons, qui de façon amère affirme que « Marseille, auto-proclamée capitale de la Voile, n’a pas une seule date d’envergure internationale à son calendrier« .

Le championnat du monde de J80 et de 49er, l’Europa Cup Laser, la Juris’Cup, la CIP 470, etc, ne sont pas des dates d’envergure internationale ?

Et même si les villes candidates souhaitaient profiter de cet évènement pour réaménager leurs territoires (promotion du grand Paris ou développement des infrastructures de transport), Bretagne-Bretons ne trouve rien d’autre à dire que d’un point de vue réaménagement, Marseille ne profitera de cette occasion que pour ré-améliorer son vieux port et les plages du Prado, alors qu’il est déjà prévu, si Paris remporte les JO 2024, que des travaux d’envergure seront entrepris non-seulement au niveau des infrastructures nautiques et portuaires, des yachts club, chantiers navals, cales sèches, rampes de mise à l’eau, de l’ensemble des plages, la base nautique du Roucas Blanc, mais également au niveau des transports et des acheminements maritimes, et bien sûr au niveau de l’accueil global des sportifs, supporters, et journalistes qui participeront à l’évènement.

Bretagne-Bretons ne comprend pas l’échec de Brest :

« Les efforts consentis de longue date dans le domaine sportif et les entreprises liées à la compétition (Pôle France de Brest, le course au large de Port Laforêt, les médaillés olympiques, les navigateurs, les entreprises type Multiplast ou Incidences…) n’ont pas été reconnus. Et encore, on ne parle pas de la Bretagne comme la région qui a le plus grand nombre de licenciés à la FFV (Et de très loin). On a nos pudeurs !« 

« On a nos pudeurs », ben voyons. L’orgueil est le consolateur des faibles.

Avec tout les succès maritimes incontestés que connaît la Bretagne, et ce dans pratiquement tous les domaines, l’arrogance, la présomption, et le dédain chez certains auteurs et journalistes font d’elle une mauvaise perdante.

Tellement mauvaise perdante qu’elle (en particulier Bretagne-Bretons) reporte la faute sur le Président du CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français) qui est marseillais, donc nécessairement subjectif et partial (ce qui frôle l’accusation de conflit d’intérêts) et qui n’aurait rien trouvé d’autre comme excuse d’évincer Brest en raison du risque nucléaire et de la Marine Nationale qui n’est pas en mesure d’anticiper ses sorties d’ici 2024.

Ce risque est peut-être l’une des raisons pour lesquelles Brest n’a pas été retenue. Il n’en demeure pas moins qu’affirmer en crachant son venin arrogant que Marseille n’est pas légitime pour accueillir les épreuves de Voile, et que Brest l’est car elle est la référence incontournable en matière de sports nautiques, ce n’est pas recevable.

Les régions de l’Atlantique n’ont pas le monopole de la mer, ou de la voile.

Certes, en Bretagne ou en Vendée, il y a de grandes courses très médiatisées, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, le Vendée Globe, le Trophée Jules Verne, la Transat Jacques Vabre, qui partent de chez eux, ce qui explique la forte culture liée à ce type d’évènements.
En Vendée ou en Bretagne, la spécialité, c’est les courses au large. À Marseille, la spécialité, c’est les courses proches du littoral, les courses inshore, et en équipage.

Comment peut-on dire que Marseille est illégitime à accueillir ces épreuves de Voile des J.O qui se dérouleront inshore alors que c’est sa spécialité ?

8.000 licenciés FFV à Marseille. La ville accueille plus de 100 manifestations nautiques par an, dont de grandes compétitions comme The Race ou l’Audi Med Cup, hormis les autres citées ci-dessus en début d’article.
La rade de Marseille est un spot nautique parmi les plus prisés au monde. 75 athlètes de l’équipe de France s’entraînent toute l’année sur le plan d’eau du Roucas, l’une des trois bases de la FFV.

Aussi, est-il nécessaire de rappeler que Marseille est la deuxième ville de France ?

Est-il nécessaire de rappeler que Marseille fût Capitale Européenne de la Culture en 2013 ?

Il faut savoir rester sport. Et si Bretagne-Bretons « n’a pas sa langue dans sa poche », à Marseille, on va droit à but : si le magasine en question souhaite bonne chance à la citée phocéenne pour les jeux seulement parce-que ce sont peut-être des bretons qui la feront briller, rappelons que l’équipe de France de Voile Olympique est composée de :

  • Jean-Baptiste BERNAZ (laser standard) – Sainte-Maxime
  • Mathilde de Kerangat (laser radial) – La Rochelle
  • Jonathan Lobert (Finn) – Nantes
  • Sofian Bouvet (470) – Antibes
  • Jérémie Mion (470) – Le Havre
  • Guillaume Pirouelle (470) – Le Havre
  • Valentin Sipan (470) – Le Havre
  • Hélène Defrance (470) – Marseille
  • Emmanuel Dyen (49er) – Aix-les-Bains
  • Stephane Christidis (49er) – Cagnes sur Mer
  • Julien d’Ortolo (49er) – Marseille
  • Noé Delpech (49er) – Marseille
  • Julien Bontemps (RS:X) – Nantes
  • Thomas Goyard (RS:X) – Nouvelle-Calédonie
  • Charline Picon (RS:X) – La Rochelle (La Tremblade)
  • Eugénie Ricard (RS:X) – Mauguio Carnon (Montpellier)
  • Billy Besson (Nacra 17) – Nantes
  • Moana Vaireaux (Nacra 17) – Carnac
  • Manon Audinet (Nacra 17) – Saint-Georges
  • Marie Bolou (laser radial) – Lorient
  • Marie Riou (Nacra 17) – Brest
  • Pierre Le Coq (RS:X) – Saint Brieuc
  • Louis Giard (RS:X) – Carnac
  • Camille Lecointre (470) – Brest
  • Thomas Le Breton (Finn) – Brest

Sur 23 marins de l’équipe de France de Voile Olympique, seulement 6 sont bretons, et 17 ne le sont pas. Proportionnellement, ce ne seront pas majoritairement les bretons qui la feront briller. Merci donc de ne pas trop la ramener.

Enfin, si les critères de sélection étaient « clairs comme un pastis sans anis » et que Marseille a remporté la sélection, les bretons rochons, mauvais perdants et orgueilleux n’auront cas se rassurer en se disant que c’est l’occasion de découvrir la vraie voile olympique, et que si en Bretagne, la pluie ne tombe que sur les cons, qu’ils sachent qu’à Marseille, il ne pleut presque jamais.

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Un commentaire pour Quand les bretons n’avalent pas la pilule des J.O face à Marseille

  1. antropik dit :

    « Certes, en Bretagne ou en Vendée, il y a de grandes courses très médiatisées, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, le Vendée Globe, le Trophée Jules Verne, la Transat Jacques Vabre, qui partent de chez eux, ce qui explique la forte culture liée à ce type d’évènements. »

    ah ah, merci de noter que la transat Jaques Vabre part de Normandie !

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